SURVIVRE SANS ELECTRICITE

Ayant la chance en ce moment de vivre dans l’endroit le plus reculé / perdu / introuvable sur une carte routière de la France, j’ai eu la malchance de découvrir la vie sans électricité. Pour preuve :

desoetdebats
La Rosière, 21h, lune inexistante, le néant

Hier matin, en me levant péniblement de mon lit, j’ai eu l’agréable surprise de me rendre compte qu’une panne d’électricité allait me priver de mon petit cawa matinal. Après avoir testé en vain le disjoncteur, c’est pleine de courage que j’ai décidé de sortir de mon appart’ pour tester la lumière du couloir. Confirmation : la panne était commune à mon immeuble. Mais c’est sur la route du travail que je me rends compte que Ô rage ! Ô désespoir ! la station au complet est privée de courant. Pas grave me dis-je, la journée va bien commencer et dans tous les cas, la situation sera rétablie dans 2 ou 3 heures. Que néni ! Samedi 21 Février 2015, jour passé sans électricité pendant 14h, ou comment redécouvrir les méthodes de nomades et repasser en mode Robinson aussi sec.

Trêve d’humour – ou pas-, j’ai pu me rendre compte que sans électricité, on fait pas grand chose.

Parlons business d’abord. Bossant en restaurant, le trois quart du travail se fait avec le courant : pas de cafés, pas de fours, pas de lumières, pas de musique d’ambiance, plus de frigo… Alors ok, on recycle une crêpière à gaz pour créer de la chaleur et faire des chocolats, thés ou verres de vin chaud, on sort nos plus belles bougies pour faire de la lumière et on fait péter les sandwichs pour nourrir les clients désespérés. Mais quand on a l’habitude qu’une caisse fasse des calculs pour nous et qu’on se retrouve à faire la vaisselle à la main et à l’eau froide, on se rend vite compte que sans électricité, le travail est bien plus compliqué.

Côté touristique, on n’est pas mieux. Le samedi en station, c’est le jour des arrivées : ou comment dire qu’un premier jour de vacance passé sans électricité en station de ski pommée, c’est quasi similaire à une apocalypse pour certains… Voulant se préparer à toute éventualité, c’est vers les magasins locaux que les arrivants se sont dirigés pour remplir de provisions le bunker qu’ils étaient sur le point de construire ! Plus sérieusement, au ski sans remontées mécaniques, les seules activités restent la luge, l’achat de saucisson et de beaufort et les élans d’espoir de personnes recherchant à tout prix un café après des heures de route. Bien que la question « pouvez-vous faire du café ? » soit fatigante, il est quand même important de noter que l’espèce humaine ne perd jamais espoir et posera cette foutue question jusqu’au moment ou un restaurateur lui servira un café soluble dégueulasse pour 2,50€. Comme quoi, on est rien sans électricité, mais on est moins que rien sans café !

De mon côté saisonnier, on n’est pas pire. On commence mal la journée, on se dit ensuite que ça va être marrant, puis on s’énerve parce qu’on est des gros assistés et que sans jus, on est obligé de se démerder. Puis quand on réalise qu’on a passé la moitié de la journée sans courant, on sait d’avance que la douche chaude sera pour le lendemain et qu’on est dans une sacrée merde pour la soirée parce qu’on a préféré acheter du Pastis au lieu de prendre des bougies. Si on est prévoyant, on envoie aussi un message d’adieu à maman pour lui dire qu’on repasse provisoirement à l’époque préhistorique et qu’elle n’aura pas de nouvelles de sa fille adorée tout de suite vu que son téléphone est sur le point de rendre l’âme !

Vu comme ça, le coup de la panne vogue entre le négatif et le marrant, mais au final, c’est plutôt pas mal. Le manque de lumière m’a permis de me rendre compte de l’existence d’un service communal qui offrait boissons chaudes et bougies aux nécessiteux qui sont passés au supermarché pour acheter du matériel de survie alcoolisé plutôt que des choses utiles. Mais mieux, c’était surtout l’occasion parfaite pour une soirée de rassemblement entre collègues de boulot, tournant aux boissons réchauffantes (c’était nous les nécessiteux de l’OT en fait), aux discussions au coin du feu à la bougie et aux bons délires. La soirée sans électricité était au final plutôt pas mal et on était tellement dedans que le retour du courant est presque passé inaperçu.

Avec tout ça, on se rend quand même bien compte que sans électricité on n’est pas grand chose. Notre panne n’a pas été suffisamment longue pour nous permettre à tous de pêter un gros câble, mais elle aura suffit à me prouver, personnellement, qu’on devient quand même de sacrés assistés au fil du temps, et ça craint. On est perdus sans électricité, on survit pas sans batterie sur nos appareils électroniques, et pire, on est tellement sûrs de tout et habitués à la lumière qu’on en oublie l’achat de bougies en cas de panne.

Alors pour le petit message de la fin, je te dirai que si tu as l’occasion, utilise ta tête et ton corps le plus possible plutôt que de compter sur nos amies les machines. Elles sont là et le seront probablement toujours, mais réaliser dans un moment aussi ridicule que celui-là, qu’en fait, on fait plus grand chose de tout ce que la nature nous a offert, c’est assez déconcertant et ça remet sacrément en question !

Et si tu peux, essaie une soirée à la bougie, j’ai testé, c’est carrément stylé et en plus ça fait moins mal aux yeux. A bon entendeur…

A.

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